La stratégie américaine autour des stablecoins et ses enjeux
Dans un entretien au Monde, l’économiste Eric Monnet expose ce que serait une réussite de la stratégie américaine: les paiements mondiaux pourraient basculer vers des mécanismes privés orchestrés par les États‑Unis, modifiant durablement l’équilibre monétaire international.
Cette dynamique s’appuie sur le rôle clé des stablecoins comme passerelle vers une domination des systèmes de paiement transfrontaliers, où le dollar continuerait à jouer un rôle prépondérant. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un simple gadget financier mais d’un pivot géopolitique qui pourrait redistribuer les cartes pour les économies émergentes et les marchés financiers.
Malgré ces scénarios, Monnet met en garde contre l’imprévisibilité du terrain: tout reste fragile et des freins existent. Contrairement à une fatalité, il pointe des leviers pour s’opposer à une dérive potentielle, notamment par des cadres réglementaires plus lisibles et coordonnés.
Risque, résistance et options pour contrer cette dynamique
Le spécialiste rappelle que la probabilité d’un échec n’est pas négligeable: les autorités et les acteurs privés peuvent tempérer la marche, et l’évolution dépendra des réponses politiques et techniques. Des garde-fous peuvent limiter l’emprise des monnaies privées sur les paiements internationaux.
Parmi les contre‑mesures envisagées, on relève une meilleure coopération internationale, des règles plus claires autour des stablecoins et l’émergence de cadres alternatifs (par exemple des options centralisées ou des monnaies numériques d’État). L’objectif est de préserver la stabilité financière tout en ne freinant pas l’innovation.
Enfin, l’économiste invite à surveiller l’évolution des technologies et des réglementations qui pourraient, à terme, dessiner un équilibre où la compétitivité des systèmes de paiement ne dépend plus d’un seul modèle, mais d’un écosystème multipolaire.
