Reconnaître l’esclavage comme crime majeur sans rivalités
Dans une tribune publiée dans Le Monde, l’historienne Aurélia Michel rappelle la portée symbolique et politique de la résolution de l’ONU sur la traite transatlantique. Elle montre comment cet épisode s’inscrit dans un ordre mondial fondé sur une injustice durable et invite à l’examiner sans instaurer une hiérarchie entre les mémoires.
Selon elle, reconnaître ce crime comme le plus grave ne doit pas se traduire par un concours entre mémoires, mais par la mise en lumière de l’impact structurel de l’esclavage sur les institutions, les lois et les rapports de pouvoir qui perdurent.
Pour le public comme pour les décideurs, c’est aussi une invitation à bâtir un récit partagé qui donne voix aux victimes et guide les choix politiques, éducatifs et symboliques du pays.
L’ONU et les mémoires de l’esclavage, un enjeu symbolique
La démarche onusienne est présentée comme un jalon: elle invite États et sociétés à regarder frontalement l’histoire douloureuse et à la transformer en levier pour des avancées concrètes.
Elle rappelle aussi que les mémoires ne se font pas concurrence mais s’additionnent autour d’un objectif commun: justice, reconnaissance et apprentissage pour les générations futures.
Les journalistes, chercheurs et acteurs civiques peuvent porter ce message avec énergie, montrant que la mémoire collective peut devenir un moteur d’éducation, de politiques publiques et, peut-être, de réparations possibles.
