Xavier Timbeau met en doute une nouvelle règle budgétaire
Dans une tribune, l’économiste Xavier Timbeau réagit à l’idée de Thierry Breton d’inscrire dans la constitution un objectif de retour à l’équilibre des finances publiques. L’idée, présentée comme un levier de clarté, peut sembler sensée, mais elle mérite d’être pesée: elle serait une règle nouvelle sans garantir les choix économiques qui en dépendent.
Selon lui, ajouter une nouvelle règle constitutionnelle viendrait s’ajouter au cadre européen et n’attaque pas les causes premières du déficit. Autrement dit, on gagnerait en formalisme sans nécessairement améliorer la réussite budgétaire: il faut aussi de la croissance, une productivité renforcée et une gestion des dépenses bien calibrée.
Le cœur du débat dépasse le jargon technique: peut-on concilier rigueur et flexibilité? Timbeau suggère d’explorer d’autres voies, comme des réformes ciblées et des mécanismes d’évaluation continue des dépenses qui pourraient renforcer la confiance sans figer l’action publique.
Le pacte européen et le retour à l’équilibre en question
Du côté européen, l’idée de lier le destin budgétaire national à une règle inscrite dans la constitution peut compliquer la coordination. Le pacte budgétaire de l’UE deviendrait alors encore plus lourd, ce qui pourrait limiter les marges de manœuvre face à des chocs économiques.
Le point de vue de Timbeau reste centré sur l’objectif: la crédibilité publique sans étouffer la croissance. Il préfère privilégier des mécanismes clairs et ajustables et insister sur des réformes structurelles qui libèrent les finances sans bloquer l’action publique.
En somme, le débat ne se résume pas à une étiquette: il s’agit d’un équilibre entre discipline et souplesse. L’article s’achève sur la promesse d’un dialogue ouvert, où des compromis intelligents pourraient émerger, mêlant règles nettes et outils révisables.
