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L’emprise au travail se nourrit de la quête de performance

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Violences psychologiques au travail: une alerte collective

Dans une tribune publiée dans Le Monde, la professeure Virginie Roquelaure et la doctorante Elsa Trognon appellent à reconnaître les violences psychologiques qui minent le quotidien professionnel. Elles décrivent ces comportements comme des dynamiques silencieuses et récurrentes qui gagnent du terrain dans les environnements où la performance est le seul indicateur de valeur.

Les auteures rappellent que ces violences ne s’arrêtent pas à des gestes isolés: elles s’inscrivent dans une culture du contrôle, des sarcasmes, des dévalorisations publiques et des micro-gestions qui épuisent psychiquement les salariés et fragilisent leur confiance. Le contexte est d’autant plus sensible lorsque les objectifs individuels sont surplace, rendant la pression quotidienne inusable.

Plus largement, les observations et les chiffres disponibles pointent vers une réalité inquiétante: plus d’un tiers des Français déclare avoir vécu une forme de harcèlement ou de violences au travail au cours de sa carrière. Les auteures appellent à des mesures concrètes et aident à ouvrir le débat public et institutionnel sur la prévention et le soutien.

Quand la pression individuelle fragilise les équipes

L’analyse met en lumière l’emprise que nourrit l’individualisation accrue des objectifs: chacun est incité à performer seul, ce qui peut isoler et créer des tensions entre collègues. Cette dynamique pousse les salariés à mesurer leur valeur par des chiffres et des classements, alimentant une atmosphère compétitive et détachée de l’entraide.

Les conséquences vont au-delà du mal-être personnel: anxiété, perte de motivation et réticence à innover deviennent des freins réels pour les organisations. Roquelaure et Trognon estiment que le coût humain et économique de ces pratiques est sous-estimé, et que les dégâts s’accumulent sur la culture d’entreprise.

Pour sortir de ce cercle, les auteurs proposent des réponses claires: former les managers à la prévention et à l’écoute, reconfigurer les systèmes d’évaluation pour privilégier le travail d’équipe et le soutien entre pairs, et mettre en place des dispositifs d’accompagnement psychologique et de signalement accessibles à tous les salariés.

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