banniere
Le magazine Info

La part cachée des objets spoliés en guerre coloniale

1 minute, 41 seconds Read

Révéler les usages invisibles des objets spoliés

Dans les musées et les rapports d’époque, les objets volés portent avant tout une trace matérielle, mais leur valeur immatérielle peut être bien plus riche. L’imaginaire lié à ces pièces raconte des échanges, des croyances et des formes de savoir qui s’ignorent souvent dans les catalogues.

Selon l’historienne de la littérature Elara Bertho, une tribune publiée dans Le Monde rappelle que si les manuscrits saisis par la France coloniale étaient étudiés dans leurs pays d’origine, cela pourrait réécrire une histoire de l’Afrique décentrée, plus proche des acteurs sociaux et de leurs voix. Cette perspective invite à repenser les enjeux de connaissance et de pouvoir qui entourent ces collections.

Cette approche ne gomme pas la réalité matérielle des objets, mais elle leur donne une place nouvelle: celle d’intermédiaires entre les sociétés d’origine, les chercheurs et les publics. En explorant les contextes d’usage, les artisans et intellectuels qui les ont façonnés, on peut écrire une histoire plus nuancée et inclusive.

Comment les archives saisies reconfigurent l’Afrique

L’initiative consiste aussi à remettre l’étude sur le sol africain et dans les archives qui ont préservé ces textes et objets. En centrant les voix locales, on décentre le récit et on éclaire les pratiques qui entourent les œuvres spoliées.

Les textes et objets retrouvés dans les pays d’origine portent des récits intimes: échanges commerciaux, échanges culturels, pratiques rituelles et formes d’élaboration esthétique qui témoignent d’un fond commun de savoir. Cette logique invite à relier les pièces à leurs usagers et à leurs usages, plutôt qu’à les confiner dans des vitrines.

Ce travail d’archéologie intellectuelle alimente les débats sur la restitution et les réparations, et rappelle que les patrimoines ne se réduisent pas à des objets, mais à des maisons qui abritent des mémoires vivantes.

Articles associés

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *