Repousser la crise démocratique par la voix des salariés
Dans une tribune publiée par Le Monde, la sociologue Isabelle Ferreras appelle à démocratiser l’entreprise comme condition nécessaire pour protéger nos institutions et notre cadre de vie. Selon elle, écouter les salariés et leur laisser une place dans les décisions peut rendre les organisations plus légitimes, transparentes et créatives. L’objectif est de repenser les pratiques managériales pour libérer l’intelligence collective.
Elle s’appuie sur un rapport d’experts remis au gouvernement espagnol qui propose d’insérer des mécanismes participatifs dans les décisions stratégiques, sans remettre en cause le rôle du dirigeant. Pour Ferreras, ces outils ne remplacent pas l’expertise, ils la complètent en s’ouvrant à des perspectives variées et en renforçant la confiance au sein des équipes.
Au-delà des enjeux économiques, la démocratisation du travail serait, selon elle, un levier de renforcement de la démocratie civique. Plus d’écoute, plus de transparence et plus de responsabilité pourraient nourrir une culture citoyenne plus robuste et résiliente face aux défis sociaux et climatiques.
Recommandations concrètes pour des entreprises participatives
Parmi les propositions, l’intégration de droits de représentation des salariés au conseil d’administration, la création de conseils d’entreprise et le recours à des outils numériques pour faciliter la participation sont préconisés. L’idée est que chaque salarié puisse contribuer à des décisions qui affectent son quotidien et l’avenir de l’organisation.
Le document insiste aussi sur la nécessité d’un cadre clair pour l’équilibre des pouvoirs, des mécanismes de reporting et des incitations qui alignent performance et responsabilité. Bien que les investissements initiaux soient importants, les auteurs estiment que les bénéfices en matière d’innovation, de cohésion et de durabilité dépassent les coûts.
Enfin, ils appellent à des expérimentations publiques et privées, à des périodes pilotes et à une écoute continue des retours pour sortir des modèles purement descendents et développer des pratiques qui protègent les salariés tout en renforçant la compétitivité et l’action climatique.
