Huma Bhabha et les maîtres Rodin et Giacometti en regard
À l’Institut Giacometti, à Paris, l’artiste pakistano-américaine met le corps au cœur d’un récit en conversation avec l’héritage des maîtres. Ses sculptures puisent dans Rodin et dans les silhouettes allongées de Giacometti, tout en affirmant une voix qui lui est propre.
La mise en scène met en regard les œuvres anciennes et les pièces récentes: gestes, textures et volumes s’échangent comme deux interlocuteurs dans un même musée, créant un espace de dialogue entre les époques.
Par cette approche, l’héritage n’est pas figé mais relancé: chaque pièce invite le visiteur à réfléchir, les maîtres restant présents sans imposer une seule lecture.
Une écriture sculpturale qui bouscule les codes du corps
Sur le plan technique, Bhabha joue avec les surfaces et les formes pour donner une sculpture qui ressemble autant à un dessin en trois dimensions qu’à une sculpture vivante; elle s’inspire de l’art du modelage sans le reproduire.
Le corps devient un terrain de tension: fragilité et vigueur coexistent, les formes se plient et se réinventent, réécrivant les archétypes classiques.
Le public parisien s’empare de ce dialogue: l’entre-deux entre hier et aujourd’hui offre de nouvelles lectures, où Rodin et Giacometti continuent à guider la curiosité des visiteurs.
