Des chiffres discordants sur les morts en mer
Les chiffres publiés sur les morts en mer ne racontent pas exactement la même histoire selon l’institution. L’IOM et les ONG qui accompagnent les migrants publient des totaux qui ne coïncident pas toujours, et ce décalage est révélateur des choix méthodologiques et des précautions adoptées.
Pour l’IOM, le suivi passe par le projet Missing Migrants et s’appuie sur des sources officielles et des rapports de terrain. Les ONG intègrent souvent des cas non confirmés ou peu documentés, élargissant parfois leur champ d’observation. Résultat: des chiffres qui se croisent sans nécessairement se recouper.
Le phénomène est net entre la Méditerranée et l’Atlantique: dans la Méditerranée, les dispositifs de décompte existent et se renforcent, tandis que l’Atlantique reçoit moins de couverture et reste plus fragile en termes de données. Cette asymétrie méthodologique rappelle qu’un décompte unique demeure hors de portée, même quand il s’agit de la même tragédie humaine.
Des méthodologies divergentes expliquent les écarts
Les écarts tiennent d’abord aux définitions. Ce qui est compté comme une disparition, un décès ou une disparition non confirmée peut varier d’une organisation à l’autre. Par exemple, l’IOM privilégie les décès et disparitions signalés par les autorités ou les proches, alors que certaines ONG intègrent aussi des cas jugés incertains.
Les méthodes de collecte diffèrent aussi selon les zones: dates de mise à jour, critères pour estimer une disparition, et sources validées varient. Avec ces paramètres, les chiffres peuvent s’écarter même lorsqu’ils décrivent des réalités proches.
Mais ces chiffres restent essentiels pour les secours, l’information du public et les décisions politiques. Les partenaires réclament des standards communs et une plus grande transparence afin que les données guident mieux les actions humaines. En définitive, même sans dénombrement parfait, chaque chiffre rappelle l’urgence d’agir et d’améliorer l’accueil et l’assistance en Europe.
