Comment ce roman a nourri l’imaginaire d’extrême droite
Sorti en 1973, ce roman de Jean Raspail s’est imposé comme une référence inquiétante pour ceux qui observent les dynamiques migratoires. Il met en scène une menace perçue comme un bouleversement brutal de l’ordre social, et son cadre dystopique a nourri un imaginaire de peur chez certaines franges de l’extrême droite.
Le récit décrit une vague migratoire démesurée et la montée des frictions dans une société en crise. Même s’il s’agit d’une fiction, ses choix narratifs et ses biais racistes tels qu’il les assume ont été mobilisés par des mouvements cherchant à légitimer des politiques d’exclusion.
Récemment réédité de l’autre côté de l’Atlantique, le livre continue de susciter des débats: certains y voient une œuvre littéraire, d’autres une référence polémique utilisée pour appuyer des positions politiques sur l’immigration.
Des Le Pen à Trump: une réception internationale
Dans l’Hexagone, il a été relayé par des milieux proches de l’extrême droite, y compris des figures de la famille Le Pen. L’ouvrage y a nourri des échanges et parfois des choix rhétoriques autour de l’identité et des frontières.
Aux États-Unis, l’ouvrage a été brandi par une partie de l’entourage de Donald Trump pour illustrer une politique de fermeture des frontières et de traque des clandestins, selon les analyses des observateurs.
La réédition américaine a déclenché des débats sur la manière dont la fiction peut influencer le discours public et sur les responsabilités des éditeurs face à des textes controversés.
